Le lexique du trading, en français clair

Page d'entrée du cocon « lexique » du blog Pipsia. Chaque terme est expliqué à un adulte intelligent, sans jargon gratuit ni définition circulaire. Les définitions approfondies arriveront en articles dédiés, au rythme de publication du blog.

Les marchés

Instrument

Ce que tu achètes ou vends sur un marché : une action, une devise, un contrat futures, un ETF. Chaque instrument a ses propres règles (horaires, taille minimale, coûts), et les connaître passe avant toute analyse. Trader « le marché » en général n'existe pas : tu trades toujours un instrument précis.

Indice

Un nombre qui résume la valeur d'un panier d'actions : le CAC 40 agrège 40 grandes entreprises françaises, le S&P 500 en agrège 500 américaines. Un indice ne s'achète pas directement, on s'y expose via des instruments dérivés ou des fonds. C'est le thermomètre le plus lu des marchés. Notre pilier indices et futures lui est consacré.

Contrat futures

Un contrat standardisé par lequel deux parties s'engagent à échanger un actif à une date future, à un prix fixé aujourd'hui. Les futures sur indices sont parmi les instruments les plus échangés au monde, avec des règles précises de taille et d'échéance. Leur fonctionnement détaillé est expliqué dans le pilier indices et futures.

Échéance

La date à laquelle un contrat à terme expire. Un futures de mars cesse d'exister en mars : les positions sont soldées ou reportées sur le contrat suivant. Ignorer l'échéance d'un instrument, c'est découvrir un jour que ta position a changé de nature sans toi.

Liquidité

La facilité avec laquelle tu peux acheter ou vendre sans faire bouger le prix. Un marché liquide a beaucoup d'acheteurs et de vendeurs présents en permanence : tu entres et sors vite, à un prix proche de celui affiché. Sur un marché peu liquide, chaque ordre un peu gros déplace le prix, et ça se paie.

Volatilité

L'amplitude des variations de prix sur une période donnée. Un instrument volatil bouge beaucoup et vite, dans les deux sens. La volatilité n'est ni bonne ni mauvaise en soi : elle mesure l'ampleur des mouvements, donc à la fois ce qu'un trade peut rapporter et ce qu'il peut coûter.

Séance (ou session)

La plage horaire pendant laquelle un marché est ouvert. La Bourse de Paris cote de 9 h à 17 h 30, les futures américains cotent quasiment 24 h sur 24 avec des moments de forte et de faible activité. Le comportement d'un instrument change selon le moment de la séance, et l'ignorer fausse toute lecture.

Les ordres et le prix

Ordre au marché

L'ordre qui dit « exécute tout de suite, au meilleur prix disponible ». Tu es certain d'être exécuté, mais pas du prix exact, surtout quand le marché bouge vite. C'est le prix de l'immédiateté.

Ordre limite

L'ordre qui dit « exécute à ce prix ou mieux, sinon rien ». Tu contrôles le prix, mais tu n'as aucune garantie d'exécution : si le marché ne revient pas à ton niveau, l'ordre reste en attente. C'est l'inverse exact de l'ordre au marché : la certitude change de camp.

Carnet d'ordres

La liste, visible en temps réel, de tous les ordres limites en attente sur un instrument : qui veut acheter, qui veut vendre, à quel prix, pour quelle quantité. C'est la salle d'attente du marché, et sa lecture est une compétence en soi, détaillée dans le pilier comprendre l'orderflow.

Bid / Ask

Le bid est le meilleur prix auquel quelqu'un accepte d'acheter, l'ask le meilleur prix auquel quelqu'un accepte de vendre. À tout instant, ces deux prix coexistent : tu vends au bid, tu achètes à l'ask. Le prix « affiché » d'un instrument est en réalité toujours ces deux prix-là.

Spread

L'écart entre le bid et l'ask. C'est un coût invisible mais bien réel : à la seconde où tu entres en position, tu es en perte de la valeur du spread. Sur un marché liquide il est minuscule, sur un marché étroit il peut manger une grosse part du mouvement que tu espérais capter.

Slippage

La différence entre le prix auquel tu voulais être exécuté et le prix auquel tu l'as réellement été. Exemple : tu passes un ordre au marché à 100,00 et il est exécuté à 100,05, le slippage est de 5 centimes. Il augmente quand le marché bouge vite ou que la liquidité manque, et il s'ajoute à tes coûts réels.

Tick

La plus petite variation de prix possible sur un instrument. Chaque instrument a son tick défini par le marché, et sur les futures, chaque tick a une valeur en argent précise. Connaître la valeur du tick de ton instrument est un préalable à tout calcul de risque : c'est l'unité de base de tes gains et de tes pertes.

Le risque

Capital

L'argent que tu affectes au trading, et rien d'autre. Pas ton épargne de précaution, pas l'argent du loyer : une somme dont la perte totale, même improbable, ne changerait pas ta vie. Tout le raisonnement de gestion du risque part de ce montant, c'est lui qui sert de base à chaque calcul.

Risque par position

Le montant que tu acceptes de perdre sur une position si ton scénario est faux, décidé avant d'entrer. C'est la règle fondatrice de toute pratique sérieuse : ce montant détermine la taille de ta position, jamais l'inverse. Le guide de la gestion du risque lui est entièrement consacré.

Stop

Un ordre placé à l'avance qui sort automatiquement ta position si le prix atteint un niveau donné. Ce niveau matérialise une décision prise à froid : là, mon scénario est invalidé. Le stop transforme une perte potentiellement illimitée en perte définie d'avance, et son fonctionnement est détaillé dans le guide de la gestion du risque.

Notion de R

Le R est l'unité qui vaut « une fois le risque accepté sur la position ». Si tu risques 50 € et que le trade en gagne 100, tu as gagné 2 R ; s'il touche ton stop, tu as perdu 1 R. Mesurer en R rend tes résultats comparables d'une position à l'autre, quelle que soit leur taille. Le détail est dans le guide de la gestion du risque.

Position sizing

Le calcul qui convertit ton risque accepté en taille de position. Si tu acceptes de perdre 50 € et que ton stop est à 10 ticks, la valeur du tick te donne le nombre de contrats ou d'actions, mécaniquement. C'est un calcul, pas une intuition, et le guide de la gestion du risque le décompose pas à pas.

Levier

Le mécanisme qui te permet de prendre une position plus grosse que ton capital. Retiens surtout ceci : le levier multiplie ton risque exactement autant que tes gains potentiels, et une position sous levier peut effacer une grande partie d'un compte sur un seul mouvement adverse. Le levier ne se subit pas, il se calcule à partir du risque par position, comme l'explique le guide de la gestion du risque.

Marge

Le dépôt que ton courtier bloque en garantie quand tu ouvres une position sous levier. Ce n'est pas le coût de la position, c'est une caution : si tes pertes s'en approchent, le courtier peut fermer ta position d'office (l'appel de marge). Confondre marge disponible et argent disponible est une erreur classique et coûteuse.

Drawdown

La baisse de ton capital entre un plus haut et le creux qui suit, exprimée en pourcentage ou en R. Un compte passé de 10 000 € à 8 500 € a subi un drawdown de 15 %. Tout le monde en traverse, y compris les professionnels : ce qui compte est de le mesurer, de le borner à l'avance et de savoir combien il faut regagner pour revenir au point de départ (plus que ce que tu as perdu, en pourcentage).

L'analyse

Unité de temps

La durée que représente chaque bougie ou barre de ton graphique : 1 minute, 1 heure, 1 jour. Le même instrument peut paraître haussier en journalier et baissier en 5 minutes, sans contradiction : ce sont deux échelles d'observation différentes. Le pilier lire un graphique montre comment articuler plusieurs unités de temps sans s'y perdre.

Tendance

Une direction dominante et durable du prix sur l'unité de temps observée : des sommets et des creux de plus en plus hauts (tendance haussière) ou de plus en plus bas (tendance baissière). Une tendance se constate a posteriori sur ce qui s'est déjà passé, elle ne garantit rien sur la suite. C'est une description, pas une prédiction.

Range

Une phase où le prix oscille entre une zone haute et une zone basse sans direction durable. Les marchés passent une grande partie de leur temps en range, même si on ne montre que les tendances dans les vidéos. Savoir reconnaître un range évite de lire une direction là où il n'y en a pas.

Support et résistance

Des zones de prix où le marché a réagi de façon répétée par le passé : un support est une zone où les baisses se sont arrêtées, une résistance une zone où les hausses ont buté. Ce sont des zones d'observation, pas des lignes magiques : elles cassent régulièrement. Le pilier lire un graphique explique comment les identifier sans sur-interpréter.

Volume

La quantité échangée sur une période donnée : combien de contrats ou d'actions ont réellement changé de mains. Le prix dit où le marché est allé, le volume dit avec quelle participation. Un mouvement sur gros volume et le même mouvement sur volume famélique ne racontent pas la même histoire.

Structure de marché

L'enchaînement des sommets et des creux qui dessine l'état du marché : tendance, range, transition de l'un à l'autre. Lire la structure, c'est décrire objectivement où en est le prix par rapport à ses niveaux récents, avant toute interprétation. C'est le squelette de toute lecture de graphique sérieuse.

Orderflow

L'étude du flux réel des ordres exécutés : qui achète, qui vend, en quelle quantité, à quel prix, en temps réel. Là où le graphique montre le résultat des échanges, l'orderflow montre les échanges eux-mêmes. C'est une discipline exigeante, détaillée dans le pilier comprendre l'orderflow.

La pratique

Plan de trading

Le document écrit qui définit tes règles avant que le marché n'ouvre : quels instruments, quelles conditions d'entrée et de sortie, quel risque par position, quand ne pas trader. Un plan qui n'est pas écrit n'existe pas : il se renégocie en temps réel avec tes émotions, et il perd à chaque fois.

Journal de bord

Le registre où tu consignes chaque position : le contexte, la raison d'entrée, le risque pris, le résultat en R, et ton état au moment de la décision. C'est ton outil de mesure principal : sans journal, tu ne sais pas ce que tu fais réellement, tu sais seulement ce que tu crois faire. Le pilier journal de trading lui est consacré.

Backtest

Tester une méthode sur des données de marché passées pour mesurer comment elle se serait comportée. Un backtest sérieux compte tout : les pertes, les frais, le slippage, les périodes creuses. Il ne prouve jamais qu'une méthode marchera demain, il élimine celles qui ne marchaient déjà pas hier.

Simulation (paper trading)

Trader en conditions réelles avec de l'argent fictif, sur une plateforme qui réplique le marché. C'est le passage obligé entre la théorie et l'argent réel : tu y valides ton plan, ton exécution et ta discipline sans payer tes erreurs. Sa limite est connue : sans argent réel, les émotions sont atténuées, et il faut en tenir compte.

Taux d'exécution

La part de tes trades qui ont respecté ton plan, indépendamment de leur résultat. Un trade gagnant pris hors plan compte comme une erreur, un trade perdant pris dans les règles compte comme une réussite d'exécution. C'est l'indicateur de discipline central du journal de trading, et souvent le plus révélateur de tous.

Biais

Un raccourci mental qui déforme systématiquement tes décisions sans que tu t'en rendes compte : ne voir que ce qui confirme ton idée (biais de confirmation), garder une position perdante pour ne pas « acter » la perte (aversion à la perte), surestimer tes capacités après quelques gains. Tout le monde en a, la question est de les connaître et de les mesurer. Le pilier psychologie du trading les passe en revue.

Tilt

L'état émotionnel, emprunté au poker, où tu ne suis plus ton plan : après une perte frustrante, tu enchaînes les positions pour « te refaire », avec des tailles et des raisons que ton toi calme n'aurait jamais validées. Le tilt se reconnaît à ses signes avant-coureurs et se gère par des règles écrites à froid, comme l'explique le pilier psychologie du trading.

Et maintenant ?

Connaître les définitions est un point de départ, pas une compétence. Ce qui compte, c'est ce que tu sais en faire : dimensionner un risque, lire une structure, tenir un plan. Le diagnostic gratuit de Pipsia mesure exactement ça, en 16 questions sur 4 compétences.

Teste ton niveau réel : les définitions ne suffisent pas

Pour passer du vocabulaire à la méthode, le parcours Fondations reprend ces notions dans le bon ordre, et les articles du blog approfondiront chaque terme de ce lexique au fil des publications.

Rappel. Ce lexique est exclusivement pédagogique. Pipsia ne fournit aucun conseil en investissement ni recommandation personnalisée. Le trading comporte des risques de perte importants et chaque personne reste seule responsable de ses décisions.